La médecine traditionnelles vers laquelle la majorité de nos populations se tournent pour des raisons d’ordre social, culturel et économique commence à acquérir une importante place dans le système sanitaire camerounais.
La loi 2024/018 du 23 décembre 2024, portant exercice et organisation de la médecine traditionnelle au Cameroun, désormais, défavorise l’émergence des brebis galeuses, tout en favorisant sa valeur comme médecine à part entière, et non comme auparavant considérée pour certains comme étant de la magie, et pour d’autres comme du simple charlatanisme.
Fort de cette constante, l’Association pour la Recherche en Anthropologie de Médecine Traditionnelle (ARAM), dont l’objectif majeur est la recherche de la santé et du bien-être des populations à travers les plantes et essences naturelles, la musicothérapie et la protection de l’environnement, saisi l’occasion de la présente loi à perpétuer la tendance à travers celle-ci, à la sensibilisation des populations sur la valeur de notre culture médicinale.
Ladite culture médicinale met un accent particulier sur la richesse diversifiée de cet ensemble des connaissances qui valorisent le patrimoine culturel immatériel et matériel du Cameroun.
À travers cette loi, les pistes d’un nécessaire rapprochement et d’une complémentarité entre la médecine dite moderne et celle traditionnelle peuvent progressivement être dégagées, en vue de susciter la confiance de la part des populations de toutes les couches sociales.
Cette approche de familiarisation des deux médecines étant déjà établie dans les dispositions prescrites sur la Lettre d’Accord de Collaboration entre le Ministère de la Santé Publique et l’ARAM, dans la lettre N° D30/-747/L/MINSANTE/SG/DCOOP/CPN/CEA3 du 20 octobre 2014, pour la sensibilisation des populations sur les vertus thérapeutiques des plantes et essences naturelles entre autres, était un signe avant-coureur des travaux techniques élaborés au sein de l’ARAM.
Sensibilisation des populations
L’objectif général sur l’approche de la loi sur la médecine traditionnelle est de contribuer à la mise sur pied des stratégies de valorisation de la médecine traditionnelle, pour toutes les couches sociales aussi bien à l’échelle nationale qu’internationale.
La réalisation de cet objectif implique à :
- Sensibiliser au sujet de la mise en place d’une pharmacopée
traditionnelle, ainsi que sa vulgarisation et sa mise en application ; - Valoriser le patrimoine culturel immatériel et matériel du Cameroun ;
- Apporter aux populations des thérapies multiformes naturelles et spirituelles ;
- Amener les populations à changer de comportement en vue de l’appropriation des mécanismes de protection, de préservation et de pérennisation des écosystèmes, dans l’optique de rendre disponible la matière première médicinale ;
- Sensibiliser les populations au sujet des vertus des plantes et essences naturelles.
Résultats attendus
- Les vertus des plantes et essences naturelles exposées et présentées sont connues ;
- Certains aspects des us et coutumes sont connus par les différentes couches sociales ;
- Les populations se font consulter par les tradithérapeutes agréés ;
- Les populations sont sensibilisées sur le bien-fondé de la
médecine traditionnelle naturelle et spirituelle ; - La valorisation des plantes médicinales est améliorée.
Cibles
- Communautés à la base ;
- Tradithérapeutes ;
- Artistes ;
- Universités ;
- Chercheurs ;
- Mass-médias ;
- Organisation de la société civile ;
- Organisations internationales ;
- Représentations diplomatiques ;
- Décideurs Etatiques (MINSANTE, MINAC, MINFOF, MINRESI, MINESUP, MINPEESA …)
Grands axes
Tout en mettant l’emphase sur ses trois axes prioritaires à savoir, la santé, le reboisement et l’éducation, l’ARAM présente la culture médicinale traditionnelle comme ce qui nous reste de plus cher et qui suscite quelques questionnements d’une vaste portée qui illustrent (i) les danseurs dont les corps sont habillés et tatoués de tous les couleurs prevues, souvent arborant d’un instrument de musique patrimoniale, comme en exemple la double-cloche, servant aussi de mécanisme pour faire marcher le bébé dans les sociétés traditionnelles. En outre, avant les indépendances africaines, on se servait de cet instrument pour masser le pénis du nourrisson afin qu’il soit viril dès l’âge pubère. (ii) L’ illustration de la danse initiatique des morts exécutée dans la Région du Nord-Ouest Cameroun faisant appel à certaines bénédictions.(iii) La danse féminine de la fertilité à travers des rituels qui favorisent les récoltes abondantes. (iv) La symbolique du regard vieux sur ceux qui méprisent la médecine traditionnelle(iii) la représentation certaine Pygmées aux visages tatoués qui s’insurgent contre ceux qui détruisent leur patrimoine forestier et qui marginalisent leur groupe ethnique (iv), le canari sauveur enfoui au sol, vestige souvent archéologique qui servait autrefois à la thérapie et à la bénédiction des patients. En effet, lorsqu’on était malade et dès lors que quelqu’un voulait être béni, l’initié le conduisait au pied de ce canari contenant des plantes et essences naturelles de purification (v) Représentation de la case des ancêtres ou des morts ou lieu sacré qui sert ou qui a servi autrefois à la thérapie des patients, encore nanti des énergies spirituelles pour la continuité de l’oeuvre humanitaire (vi) Le désespoir et inquietudes au sujet de l’avenir pour la symbolique du carcan appelle modernisme sur la jeunesse.(vi) la symbolique de la prison immatérielle sous l’effet d’une faute grave entre autres, les benedictions dans le cas des therapies traditionnelles n’étant en aucun cas mises en vente.
tradithérapeute ne vend pas les bénédictions. En effet, on ne bénit pas pour plaire ou pour satisfaire le moral ,mais dans l’optique d’avoir des lendemains meilleurs. La pléthore d’écorces et essences naturelles dans la corbeille sacrée permet de soigner plusieurs maux après diagnostic.Tel est le cas du grain de moabi qui est utilisé dans la thérapie des femmes célibataires désireuses d’avoir un mari. Il importe de préciser qu’aux dires du praticien, cela ne se vend pas mais s’acquiert par mérite.
Démonstrations et traitements spirituels
La subdivision de la médecine traditionnelle en deux pans, à savoir la médecine naturelle à base de plantes et essences naturelles, et la médecine spirituelle, sont procédés par le praticien à l’égard des patients par une approche médiane.
Échanges et conseils
Question : En quoi consistent les massages traditionnels post-natals?
Réponse : Avant de répondre à cette question, il est important de préciser que le massage traditionnel est l’aboutissement d’un long processus qui prépare l’organisme à recevoir de l’eau bouillante. C’est une méthode de prise en charge d’une maman qui vient d’enfanter généralement par voie basse. Elle se déroule à deux niveaux : avant et après l’accouchement.
Le premier niveau est relatif à la préparation de l’organisme à recevoir des massages à court ou à long terme selon les cas et se décline en trois phases principales :
La phase 1 va de 0 à 3 mois de grossesse. Les soins administrés diffèrent d’un mois à un autre. Le but est d’apporter des vitamines non seulement à la femme enceinte, mais aussi au fœtus afin d’assurer son bon développement dans la cavité où il loge.
La phase 2 couvre la période de 3 à 6 mois de grossesse. Naturellement, le traitement administré diffère de celui de la première phase. Il est question ici de fortifier le col de l’utérus, de renforcer la santé de la femme enceinte et de prévenir les maladies comme le paludisme, les hépatites et la syphilis chez le nouveau-né.
La phase 3 part de 6 mois à l’accouchement. Cependant, il importe de noter qu’à partir de cet âge de la grossesse, il y a possibilité pour la femme enceinte d’enfanter à tout moment. Il est question de la reprise du cycle des soins de la première phase à appliquer tous les 21 jours à la femme enceinte selon l’évolution de la grossesse jusqu’à la naissance. Ce traitement a pour fonction d’évacuer les substances toxiques de l’organisme dans l’optique de favoriser la flexibilité de la grossesse.
Le second niveau intervient dès l’accouchement.
Il s’agit avant toute chose de nourrir la maman au bouillon chaud immergé d’écorces d’arbres 2 à 3 fois la semaine pour le retour des couches. Par la suite, il convient de lui donner le remède en poire et par voie orale en vue de soutenir ce processus. A l’aide d’un morceau d’étoffe ou d’une serviette, les massages faits à l’eau bouillante saupoudrées ou immergées d’écorces viendront parachever l’action amorcée au départ. Les parties du corps principalement ciblées sont les suivantes : les seins, le ventre et les fesses.
Question: Quelle est la durée moyenne de ces massages ?
Réponse: En fonction du comportement de l’utérus et selon les types d’organisme, les massages traditionnels post-accouchement varient d’une femme à une autre. Ils peuvent avoir une durée de quelques jours, des semaines, voire des mois. Qui est habilité à faire lesdits massages ? Naturellement le spécialiste en la matière. C’est une technique qui nécessite un bon apprentissage. Des ajouts à l’eau bouillante diffèrent d’une femme à une autre, rien de standard à tout cela.
Question : A votre avis, pourquoi cette pratique perdure-t- elle alors qu’elle est considérée comme une sorte de maltraitance faite aux femmes ?
Réponse : Voyez-vous, cette pratique s’avère pénible lorsque la femme n’a pas été suffisamment suivie ou non pendant la grossesse. Cette méthode de remise en forme du corps de la femme qui vient d’accoucher a eu à faire ses preuves depuis l’époque ancestrale, et continue d’en faire jusqu’à nos jours. Il suffit tout simplement de savoir s’y prendre.
Question : Quel est l’intérêt de ces massages ?
Réponse : Ces massages visent à tonifier l’organisme de la maman fébrile qui vient d’enfanter en lui apportant force et vitalité. Bref, il s’agit de refaire sa beauté et de parfaire sa santé.
Question : Que pensez-vous de l’approche des pilules et des injections à cet effet ?
Réponse : Sur ce plan, j’avoue que la médecine dite conventionnelle offre également des avantages. Cependant, tout dépend du choix opéré par tout un chacun. Je réitère tout simplement que les massages traditionnels après accouchement doivent être faits par un spécialiste. L’eau bouillante, à l’essence, n’est pas favorable à l’organisme. A un certain âge surtout pendant la ménopause, la chaleur absorbée par l’organisme pendant lesdits massages se dégage automatiquement à travers des bouffées de chaleur qu’elle accentue par exemple. Ce qui met la femme dans une situation d’incommodité remarquable.
Remarques
Les populations manifestent tout de même encore une réticence certaine au sujet de la médecine traditionnelle, peut être parce que lesdites populations semblent être mal informées ou sous informées par rapport aux bienfaits de la médecine traditionnelle. Pour d’autres, sa déception est de mise, par rapport au comportement de certains praticiens véreux qui n’hésitent pas à flouer des patients et à profiter de l’état de détresse et de l’ignorance des couches sociales défavorisées. Une autre couche de la population continue de marginaliser la médecine traditionnelle qu’elle considère comme païenne, satanique et magique ; d’où le travail de titan que fournit l’ARAM à travers la sensibilisation pour briser les préjugés sur ladite médecine.
Les antagonismes nés des incompréhensions, des préjugés et de l’ignorance persistent, entre la médecine traditionnelle et les convictions religieuses surtout chrétiennes.
L’Aram protège et sauve des vies